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Comment est organisée l'Église calviniste ? |
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A la différence de Luther qui s'est longtemps désintéressé des questions d'organisation, Calvin a imposé un modèle ecclésial qui donne un air de parenté à tous les pays calvinistes. Quatre services sont reconnus : ministère de la Parole et des sacrements pour les pasteurs, ministère doctrinal pour les théologiens chargés de valider l'interprétation de l'Écriture, ministère de l'assistance envers les pauvres et les malades, ministère de la correction exercé par les consistoires sur les fidèles. En mai 1559, le synode fondateur de Paris a adopté une Confession de foi pour le dogme et une Discipline ecclésiastique pour l'organisation. Chaque communauté de base est dirigée par un consistoire, conseil formé par un pasteur qui le préside et des fidèles (anciens) qui se renouvellent par cooptation, ce qui réserve par conséquent la fonction aux notables. Initialement, le pasteur devait être élu par les anciens, mais le synode tenu à La Rochelle en 1571 a réduit cette autogestion, en renforçant le rôle de présentation des pasteurs et du synode provincial au détriment de la communauté, qui ne conserve qu'un droit de veto qu'elle n'exerce guère. La Discipline fixe une séance par quinzaine, mais les registres de délibération conservés montrent une très grande diversité de fonctionnement. Le travail s'organise autour de trois axes majeurs : assurer le respect des obligations religieuses, faire triompher un ordre moral strict, gérer l'organisation matérielle exigée par le culte. Une hiérarchie d'assemblées représentatives (colloques de pays, synodes provinciaux et national) formées de délégations mixtes (pasteurs-anciens) des instances inférieures est chargée d'assurer la cohérence de l'ensemble. Ce système presbytéro-synodal (de presbyterium : consistoire) s'oppose ainsi radicalement au modèle réaffirmé par l'Église catholique au concile de Trente. En fondant la légitimité de l'autorité sur la représentation de la base, il contredit le principe monarchique de l'Église romaine où tout part du sommet au profit du pape qui a même renforcé son autorité sur les évêques. |